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La chapelle Sainte-Croix à Arlon fait peau neuve

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La chapelle Sainte-Croix fait partie depuis la fin du 17e siècle du paysage arlonais. Construite en calcaire lorrain, elle présente de nombreuses qualités patrimoniales dont un portail sculpté de style renaissance et un mobilier intérieur datant vraisemblablement des 17e et 18e siècles. Ces qualités lui ont valu d’être reprise à l’inventaire du Patrimoine monumental de la Belgique comme méritant classement. Dernière chapelle de corporation d’Arlon, elle accueille également un rassemblement à l’occasion du Vendredi Saint.

Les années ont cependant laissé leurs traces sur et dans l’édifice. Fabrique d’Eglise et bénévoles ont donc décidé d’agir pour remédier à cette situation. Ils ont bénéficié dans cette démarche de conseils et de subsides attribués par le Ministre du Patrimoine, dans le cadre du Petit Patrimoine Populaire Wallon (PPPW).

La restauration a été réalisée en plusieurs étapes. Ce sont les peintures intérieures qui ont fait l’objet des premières interventions en 2013. Après une préparation du support et une réparation des fissures, les murs ont été repeints dans une teinte blanc cassé de beige. La grille séparant la nef du chœur, ainsi que les tirants métalliques traversant la chapelle ont également été nettoyés et repeints.

Un calvaire, vraisemblablement contemporain de la construction de la chapelle, occupe le chœur. Il est composé de sculptures monumentales représentant le Christ en croix, la Vierge et Saint-Jean. Sans doute polychromes dès leur origine, ces sculptures ont été recouvertes au fil du temps de nombreuses couches de peinture. Celles-ci sont soulevées en certains endroits et occasionnent un empattement des traits des personnages. Pour revenir à un état primitif, un lourd travail de restauration aurait été nécessaire. Une autre option a donc été prise, permettant néanmoins de stopper les dégradations dont souffraient les sculptures. La dernière couche picturale a été nettoyée, les peintures existantes ont été fixées et les lacunes les plus importantes, comblées.

Le calvaire surplombe un petit autel tripartite datant probablement du 18e siècle. Les thèmes qui y sont illustrés sont l’agneau pascal, la Vierge lors de la présentation de Jésus au temple et le Christ au Mont des Oliviers. Les panneaux peints ainsi que les boiseries ont également été restaurés.

Le clocheton de la chapelle a enfin été restauré et la croix trilobée qui le surmontait a été remise en place.

Par ailleurs, dans un contexte urbain, les tilleuls qui entourent la chapelle participent à la qualité du site. Leur état sanitaire a donc été étudié et des mesures conservatoires ont été réalisées.

On a aimé

  • la valorisation d’un élément de petit patrimoine, toute en sobriété
  • le respect des caractéristiques patrimoniales de la chapelle
  • la méthodologie adoptée lors de la restauration du mobilier sacré
  • le souci de compléter la restauration par la prise en compte des arbres alentour
  • la dynamique citoyenne autour du projet

Localisation : Arlon
Objet : restauration de la chapelle Sainte-Croix et de son mobilier
Propriétaire : Fabrique d’Eglise Saint-Martin d’Arlon
Années de réalisation : 2013 à 2015
Artisans et bénévoles  ayant pris part au projet :

  • Jean-Louis Goffinet pour la mise en peinture intérieure
  • Pascale Wéry (restauratrice d’œuvres d’art) pour les mesures de conservation du Calvaire, en collaboration avec Muriel Prieur (restauratrice d’œuvres d’art), et pour la conservation-restauration de l’autel, en collaboration avec Simon Maillen (ébéniste)
  • entreprises Robert Golinvaux pour la remise en état du clocheton et la repose de la croix trilobée
  • les bénévoles (Jean Cornet et son épouse ainsi que Jean Dessoy) pour la restauration du chemin de croix en fer forgé, le placement d’un éclairage approprié, la réalisation d’un coffret dissimulant le compteur électrique et la rédaction de feuillets explicatifs. Autre initiative à souligner, ils assurent l’entretien de la chapelle et son accessibilité journalière.